Beaucoup d’enfants n’ont plus le bonheur d’apprendre, ne sont plus motivés par les apprentissages car pour eux, apprendre est exclusivement une restitution de connaissances. Or, il n’en est rien. On attend d’eux une réutilisation des connaissances et donc un geste de réflexion. Des mots comme « synthèse », « problématique », sont ignorés dans leur sens. Or ce sont des mots qui redonnent sens et le plaisir d’apprendre : le projet de réutiliser ces mêmes connaissances dans une situation de problème, jamais rencontrée auparavant, et qu’il incombe à l’élève de définir (la problématique) avant de s’activer à la recherche et au tri de ses acquis.
Il faut se méfier : certains enfants dans l’erreur utilisent des stratégies qui masquent leur incompétence. Ainsi on peut penser qu’un enfant sait lire alors qu’il n’a que visualisé l’écriture d’un son, sans même savoir le prononcer et que rechercher visuellement ce son dans une phrase est pour lui aisé, mais qu’il ne sait ni prononcer ce son, ni lire le mot et encore moins l’écrire. La dimension spatiale ne suffit pas pour savoir lire et écrire. Il manque la dimension temporelle. Seule l’écriture permettra d’acquérir cette temporalité, à condition qu’elle soit accompagnée des évocations adaptées : visualisation et épellation interne.
Lettre-dIF-n°88