Etes-vous essoufflée?
A cette question du médecin, rien ne vient dans ma tête et je réponds par une moue dubitative.
Or tous les médecins, cardiologues ou non, vont me poser la même question :
  • Avez-vous des essoufflements?
  • Cette répétition commenceà m’ étonner. Mais je suis toujours frappée de la même stupeur ou stupidité.
Pour y répondre.
Je m’ interroge, et essaie de me reformuler la question ou plutôt de la modifier en l’ enrichissant.
Y a-t-il eu des jours où j’ ai eu des moments d’ essoufflement?
Puis-je me rappeler les endroits ou les lieux où j’ ai été essoufflée?
Et je m’ apeçois alors que si la question m’ invite expressément à explorer l’ espace ou le temps, je peux alors répondre clairement et avec davantage de certitude.
J’ ai des images très précises de certaines situations.
Oui un jour, assise dans le bus 38, j’ ai eu du mal à retrouver ma respiration.
Un après midi je suis montée à pied à Fourvière, et j’ étais très essoufflée.
Les questions gagneraient donc en efficacité, si elles introduisaient d’ emblée un accrochage à l’ espace ou au temps.
Les réponses seraient plus claires, plus réelles, plus assurées, moins floues.
La clé des souvenirs et la compréhension du vécu semblent liées dans ce cas à un appel explicite à l’ espace et au temps.
Martine Clavreul, formatrice en gestion mentale