La Gestion Mentale est désormais de mieux en mieux connue et appréciée des parents, des éducateurs, des enseignants, ou encore des orthophonistes, et même d’ autres professionnels de santé. De partout où elle est pratiquée, en classe, en entretiens individuels, en groupes de méthodologie, en stages, les témoignages affluent, très majoritairement positifs, parfois enthousiastes.
Une méthode efficace? « Y a pas photo »!
En général les élèves ou leurs parents mettent l’ accent sur les progrès méthodologiques et la remontée des résultats scolaires, souvent spectaculaire comme l’ exprimait cette maman d’ un élève de 6° à l’ organisatrice d’ un stage d’ été quelques semaines après la rentrée : « Les progrès sont nets, entre l’ année dernière et ce début d’ année, si je peux me permettre, Madame, y a pas photo! Ainsi Geoffrey (1° S) : « Je viens de rater mon DS d’ histoire mais j’ ai amélioré toutes les autres notes, par exemple je suis passé de 6 à 16 en maths. En plus, je travaille moins car dès que je peux, je repense à ce qui s’ est passé en classe et je n’ ai plus besoin d’ ouvrir mon livre ». Ou Benoît (11 ans) : « Ah ouais, cette année c’ est pas pareil, c’ est cool, j’ ai les meilleures notes de la classe ». Arnaud (3°) : « Je suis venu par ce que j’ ai des petits problèmes en orthographe. Je croyais être le seul. J’ ai vu qu ‘il y en avait d’ autres. Cela m’ a rassuré. Maintenant je sais comment faire pour y arriver. Je me suis rendu compte qu’ on a tous des difficultés. Dans le groupe, quand quelqu’ un donne sa technique cela aide les autres, on peut prendre les idées des autres. Avant c’était énervant d’apprendre. Maintenant c’ est plus facile ».
Une meilleure connaissance de soi? Assurément!
Mais ce qui étonne le plus les jeunes (mais aussi les adultes en formation dont c’ est souvent le premier contact avec leur monde mental, leur intériorité), c’ est la découverte de leurs habitudes évocatives et de leur spécificité : Ainsi Lucile (1° ES): « Avant c’ était difficile.maintenant, c’ est marrant, je me suis aperçue que je voyais des images dans ma tête, des mots, plein de choses, et que je pouvais les utiliser. Depuis ce stage, j’ ai appris à connaître ma façon de travailler et cela m’ a aidée pour le travail personnel, car maintenantà chaque fois que je fais quelque chose en classe, je repense à ce que j’ ai découvert ». Ou Noémie (1° S) : « Ce stage permet de nous connaître mieux car il nous fait prendre conscience des mécanismes que l’ on met en place pour effectuer telle ou telle action comme la réflexion, la compréhension ou la mémorisation. On apprend quelle est la « langue de notre cerveau : certains se parlent en images, d’ autres entendent des sons, d’ autres voient des mots. Et certains ont un mélange de tout cela. C’ est un très bon moyen pour prendre confiance en soi et se rendre compte de ses moyens ou encore Clément (1° STI) : « L’ intérêt est de se découvrir soi-même, c’ est de savoir comment le cerveau fait pour travailler, penser, tout quoi. De savoir comment nous procédons pour une problématique ou pour la vie de tous les jours ». On pourrait multiplier les exemples de ces découvertes individuelles, de ces prises de conscience de la réalité mentale et des manières de s’ en servir selon sa volonté.
A ce propos,
l est intéressant de voir jour après jour cette approche « mentaliste » de l’ apprentissage issue d’ intuitions philosophiques et de travaux de phénoménologues, appuyés sur des témoignages innombrables, être confirmée par les travaux les plus récents des chercheurs en neurosciences. Emissions de télévision et journaux spécialisés donnent fréquemment des échos de ces découvertes. La pédagogie quant à elle commence enfin à s’ ouvrir à ces réalités, après trop d’ années vouées aux dictas comportementalistes ou même au vieux modèle, encore présent dans de nombreuses têtes, de la transmission passive des savoirs : non l’ élève n’ est pas une tête vide qu’ il suffit de remplir, pas même une « bonne pâte » qu’ il s’ agit de modeler (à l’ image de qui?). Il a un cerveau, il est le seul à pouvoir s’ en servir et on sait de mieux en mieux de quelle manière il lui convient de le faire pour réussir. Pourtant la Gestion Mentale se borne-t-elle à être une méthode d’ apprentissage dont l’ efficacié reposerait sur la connaissance de soi et des « gestes mentaux », ces mouvements spécifiques de la pensé;e, à pratiquer pour réussir? Le développement de la recherche d’ Antoine de la Garanderie amène à dépasser ce premier stade, déjà satisfaisant au demeurant. Pour lui, ce qui est en jeu dans l’ exercice de notre pouvoir d’ évoquer le monde, c’ est le sens que nous pouvons ainsi lui donner. En évoquant, en déployant ses « projets de sens », le sujet s’ investit dans son rapport au monde, vit ce rapport au plus profond de lui-même, constituant par là le sens de ce qui l’ entoure en même temps que de lui-même. Il s’ agit là d’ une véritable « co-naissance ». Et cela a pour chacun de nous une importance bien plus grande que la simple réussite de nos entreprises, scolaires ou non. Laissons deux jeunes nous dire cela à leur manière.
Ils ont tout compris!
Marthe (1° L) :
« Au plan relationnel et personnel j’ ai progressé. Si l’ on a quelque chose à apprendre sur soi-même, c’ est ici qu ‘on le trouve. J’ ai moi-même trouvé; une certaine philosophie de la vie ».
Pierre (1° ES) :
Synthétise assez bien tous ces aspects de la Gestion Mentale : « Ce stage est un apprentissage de soi. Il m’ a incité à m’ interroger sur mes mécanismes mentaux. Il m’ a ouvert les yeux sur mon potentiel. Tout ce travail qui est très personnel est enrichi par le groupe. Le fait d’ être en groupe pour faire ces analyses m’ a permis de comprendre des choses sur moi-même. A l’écoute des autres membres, je comparais leurs manières de faire aux miennes et je me demandais si en faisant comme eux j’ arriverai a, par exemple, mieux mémoriser, mieux réfléchir et j’ en ai tiré mes conclusions. Ayant eu une professeur de gestion mentale depuis le primaire, j’ ai compris lors de ce stage les mécanismes que j’ appliquais jusqu ‘à maintenant inconsciemment pendant toutes ces années. Et pour moi cette découverte est capitale. Au-delà de cet apprentissage de la Gestion Mentale, ce stage a changé ma vision de la scolarité. On va à l’école, au collège, au lycée pour, bien sûr, acquérir des connaissances, de la culture générale, mais ce que j’ ai découvert c’ est que l’ école est aussi là pour nous éveiller l’ esprit et à la vie. Et cette dimension de l’ école est malheureusement cachée et non dévoilée aux élèves, alors qu’ elle est essentielle »
En effet! Ils ont tout compris!!
Guy Sonnois, formateur en gestion mentale