Les associations Initiative et Formation participent à la Formation des Enseignants, du public ou du privé, avec toujours des retours positifs, comme en témoignent tous les formateurs. Nous livrons un de ces témoignages dans cet exemplaire de la Lettre I & F, mais chaque formateur pourrait en apporter d’ autres qui ne le contrediraient sûrement pas. Réflexions au retour de stages pour enseignants : ce qui fait la force de la Gestion Mentale
Depuis deux ans je rencontre en formation un public d’ enseignants de collège, lycée et primaire mélangés. Des gens de la région niçoise. Certains ont déjà entendu parlé, voir ont suivi deux ou trois jours de formation en Gestion Mentale, d’ autres ne connaissent pas du tout et sont venus attirés par le programme du catalogue . Le stage s’ intitule : « Que peut apporter la Gestion Mentale à la pratique pédagogique ». Tout est là, tout est dit. Quelles étaient les positions de départ?

  • Soit : Oui c’ était pas mal quand j’ essayais de faire, mais j’ ai oublié.
  • Soit : Ca marchait bien mais je ne sais plus faire.
  • Soit : On va voir si ça apporte vraiment quelque chose. Par quelles attentes ou quelles peurs étaient-ils habités?
  • Soit : Ce sera encore un moment sympa, des rencontres, des idées intéressantes, mais par rapport à notre vécu quotidien! Les élèves ça n’ écoute pas, c’ est agité, et puis on en a 25 à 35, et ils ne sont pas motivés et il y a les programmes. (discours connu et en grande partie justifié).
  • Soit : Ce sera encore un stage de développement personnel (le terme mental), c’ est bien mais pourvu qu’ il ne me bouscule pas trop (souvenirs apparemment cuisants).

Or leurs bilans expriment des satisfactions. Les questions du bilan sont celles que l’ organisme donne à l’ issue de chaque formation, elles ne sont pas spécifiques à la Gestion Mentale et on trouve ici un condensé des réponses, classées. Lorsqu’ elles se reprennent elles ne sont pas notées en double.

Question 1 : Ce que vous avez apprécié.

La référence à une théorie.

  • La théorie évidemment, depuis longtemps je me suis intéressée à « apprendre à apprendre ».
  • La clarté; des explications.
  • L’ illustration des points théoriques.
  • La grande richesse au niveau débat, intégration des notions découvertes.
L’ illustration par de nombreux exercices.

  • L’ alternance apport théorique et exercices, la réflexion finale sur la place de la GM dans la construction d’ une séquence d’ enseignement.
  • Mais surtout les nombreux exercices que nous avons faits et que j’ ai l’ intention d’ adapter.
  • Notre participation sous forme d’ exercices.
  • Les exemples qui m’ ont permis de mieux comprendre les différents gestes mentaux
  • Les nombreux exercices permettant de comprendre, de retenir les notions.
l’ illustration par la pratique elle-même du formateur.

  • L’ adaptabilité du formateur au public concerné.
  • L’ utilisation d’ une pédagogie très diversifiée.
  • La formatrice a su répondre aux questions avec calme et compétence.

Question 2 : Quels prolongements concrets pensez-vous pouvoir donner à cette formation?

Souci de changer de pratique

  • Je vais faire évoluer ma pratique en cours. (prise en compte des différentes langues pédagogiques)
  • Une mise en pratique, d’ abord familiale (un fils en difficulté), puis professionnelle.
  • J’ ai appris à faire la distinction entre la perception et l’ évocation et la nécessité de l’ évocation dans l’ action (l’ acte) d’ apprendre. En construisant mes séances, je pense être à l’ avenir attentive à toutes ces notions nouvelles.
  • Repenser mes cours en ménageant des pauses évocatives, des schémas heuristiques.
    laisser le temps et l’ espace d’ évocation, améliorer l’ annonce d’ objectifs.
Changer de regard, retrouver une motivation.

  • Accepter la différence, laisser du temps.
  • Je porterai un autre regard sur les enfants réveurs .
  • Un engouement pour repenser certains chapitres dans ma discipline, être plus consciente des approches possibles pour introduire des notions nouvelles.

Où se logent les satisfactions?
1/ La référence constante et explicite à une théorie réelle, solide, argumentée. Ce n’ est pas le formateur qui parle en son nom propre, il est certes spécialiste et compétent dans une discipline pédagogique. Mais chacun peut l’ étudier, la retrouver dans des livres. Il est comme l’ enseignant dans sa classe. Le savoir enseigné ne lui appartient pas. Le stagiaire peut étudier indépendamment de lui.
2/ Un apport concret immédiat. Des protocoles que l’ on tire des exercices et qui peuvent se transférer dans toute situation scolaire. On repart avec de quoi faire :

  • Installer une annonce d’ objectif claire. (parcequ’ on a senti qu’ elle était indispensable à sa propre mise en projet)
  • Ménager des pauses évocatives. (parcequ’ on en a eu soi-même besoin)
  • Penser à proposer plusieurs perceptions. (parcequ’ on a éprouvé qu’ on était soi-même plus attentif à l’ une ou l’ autre)

3/ Une adéquation entre ce qui est dit et ce qui est fait. Notre force c’ est que nous appliquons la théorie dans notre pratique : c’ est l’ adaptabilité, le non jugement et la variété des approches que les formateurs proposent qui illustrent réellement les explications.
Cela permet de découvrir l’ acte de connaissance de l’ intérieur. Les approches psychologiques ou scientifiques de la connaissance apportent des éclairages fort enrichissants sur les processus de l’ apprentissage, mais se situent hors du geste d’apprendre. La Gestion Mentale pratique l’ acte de connaissance et, se faisant, l’ enseigne. Or, l’ enseignant au quotidien doit certes dispenser des savoirs. Mais les élèves, quoiqu’ on en dise, sont des disciples. Au travers des disciplines enseignées, c’ est le savoir faire du maître qui passe. Souvent très intuitivement, implicitement. Pour le professeur, l’ expérience lui a appris que faire comme ça, ça marche . Il a trouvé un « comment faire » souvent très efficace. Avec la Gestion Mentale il trouve le « pourquoi » et peut donc le refaire à volonté. Il n’ est plus au hasard de ses intuitions, même si elles sont souvent remarquables.
Et pour l’ élève qui constate : avec ce prof je comprends tout , lui aussi peut savoir pourquoi. Et alors il trouve sa liberté par ce qu’il ne dépend plus du prof. Il peut, seul, mettre en place des compensations ou transférer ce qui l’ aide.L’ enseignant devient acteur de son savoir faire, comme il va proposer à l’ élève de devenir acteur de ses apprentissages. Ils pratiquent ensemble, à égalité, l’ acte de connaissance.

Joëlle Murgia, Formatrice à I & F Côte d’Azur

Comment se former à la gestion mentale quand on est enseignant?

La procédure n’ est pas la même selon que l’ on enseigne dans le public ou dans le privé sous contrat d’ association.
Dans le public, les formations sont organisées par la Délégation pour la Formation des Personnels de l’ EN, la DAFPEN qui a remplacé la MAFPEN au Rectorat de chaque Académie, avec parfois des antennes départementales dynamiques. La DAFPEN propose annuellement un Plan Académique de Formation (PAF), mais il sera difficile d’ y trouver des formations spécifiques en Gestion Mentale. Par contre une équipe motivée peut formuler une demande de formation particulière dans le cadre du projet d’établissement. Le chef d’ établissement pourra alors la transmettre à la DAFPEN.
Dans le privé, il y a plusieurs procédures possibles. Soit l’ établissement met en place une formation pour l’ ensemble des professeurs (petits établissements), ou pour une équipe pédagogique déterminée. On parle alors de formation « intra ». Mais le catalogue des formations proposées par les ARPEC (actuellement les noms de ces organismes changent selon les régions.) peut aussi proposer des formations hors établissement. Les enseignants peuvent s’ inscrire à ces stages, mais ne sont pas toujours sûrs d’ être exhaussés. La structure des ARPEC est en plein bouleversement à l’ heure actuelle. Il est un peu difficile de s’ y retrouver!
Dans un stage intra, public ou privé, la Gestion Mentale fait la preuve de sa dimension « transversale » puisqu’ elle s’ adresse à des enseignants de différentes disciplines mais de niveaux identiques ou proches. Alors que dans les stages hors établissement, qui regroupent des professeurs de tous niveaux, parfois du primaire au lycée, elle se révèle, à la surprise constante des stagiaires, une approche « verticale » de l’ apprentissage, convenant à tous les âges. N’ est-ce pas ce qui arrive quand on s’ occupe de l’ essentiel?
Guy Sonnois, formateur en gestion mentale