Antoine de La Garanderie antoine-de-la-garanderie: un philosophe, un enseignant, un pédagogue

 

Parcours de vie d’Antoine de La Garanderie

Le texte ci-dessous est la reproduction intégrale du texte que l’on trouve dans : « Naissance d’ un pédagogue, Introduction à Antoine de La Garanderie ». Chronique Sociale 2007
22 mars 1920
Antoine Roland Olivier Marie Joseph Payen de La Garanderie naît à Ampoigné (Mayenne) de Paul Payen de La Garanderie, banquier, et de Madeleine Lasnié. Antoine de La Garanderie est le troisième enfant de la famille, aprés Yvonne, Huguette. Deux enfants sont nés après : Hélène (1926) et Gérard (1934). La famille vit à Château-Gontier jusqu’ en 1933.
1926-1929
Paul Payen de La Garanderie, son père, connaît des difficultés financières à la Banque du Crédit Commercial Maine Anjou. Il fait le choix de l’enseignement et devient professeur d’histoire et de géographie au Lycée Saint Jean de Béthune à Versailles.
1929
Antoine entre à l’école en 9e à Saint-Michel de Château-Gontier. Il y sera pensionnaire en classe de 6e et de 5e.
1933
Antoine entre à Saint Jean de Béthune. Toute la famille vient habiter Versailles. C’est au cours de la 4e que la surdité d’Antoine se déclare. Personne ne prend conscience du mal qui l’atteint et qui l’empèche d’être performant en classe. Il redouble la 3e et s’accroche avec courage, alors que sa surdité augmente.
1937
Paul, son père, devient directeur du collège climatique à Boulouris-sur-mer dans les Alpes maritimes. Toute la famille déménage. Antoine suit ses études dans ce collège en dépit de sa surdité.
1938
Rencontre déterminante avec Monsieur Lamy, professeur de lettres, ancien juriste, docteur ès lettres. Monsieur Lamy révèle à Antoine sa vocation de professeur, une intimité intellectuelle naît entre eux deux.
1939
Il obtient son baccalauréat.
1940
Mobilisé à Tours le 8 juin au 404ème Régiment d’artillerie DCA. Avec son régiment, au cours de la drôle de guerre, il fuit l’ennemi jusqu’ à Asson dans les Pyrénées. Il est démobilisé au cours de l’automne 1940 et envoyé en camp de jeunesse dans les Alpes à Méribel. Il est réformé un an plus tard en raison de sa surdité.
1941
Etudes à l’université de Rennes. Il s’inscrit en licence de Philosophie et fait une double rencontre : Albert Burloud et Roland Dalbiez. Il obtient sa licence en 1943.
1944
Antoine passe avec succès le diplôme d’études supérieures de philosophie. Le thème de son travail porte sur l’ennui. Il obtient également un certificat d’études supérieures en Biologie animale et végétale.
1945-46
Antoine prépare l’Agrégation de philosophie à la Sorbonne, avec notamment comme professeurs, Gaston Bachelard et Henri Gouhier. Il a comme camarade de promotion François Dagognet. Malheureusement, en raison de sa surdité, Antoine n’est pas autorisé à se présenter au concours. Suite à la visite médicale obligatoire, au cours de l’année 1946, il apprend à cette occasion qu’il souffre d’otospongiose. C’est la première fois qu’un diagnostic médical reconnaît sa surdité.
1946
Il devient professeur de philosophie en classe terminale aux lycées Saint Jean de Béthune et Blanche de Castille à Versailles. Il dispose d’un appareil qui lui permet d’entendre ses interlocuteurs et élèves.
1949-1950
Antoine est nommé Adjoint d’enseignement (comme professeur de philosophie) au Lycée public Félix Le Dantec à Lannion (Bretagne). Il espère ainsi intégrer l’enseignement public et pouvoir passer l’agrégation de philosophie.
1950
En raison de sa surdité, il ne peut pas espérer réussir l’agrégation. Il retrouve son poste de professeur de philosophie à Saint-Jean de Béthune. Il est également nommé à Sainte-Geneviève (Ginette) en classes préparatoires pour les grandes écoles. Il enseignera à Sainte-Geneviève jusqu ‘en 1965.
1954
Il entre comme enseignant de philosophie à la faculté des lettres de l’ Université Catholique de Paris. Il y restera jusqu ‘en 1963.
1961
Entre aux APEL (Associations des parents d’élèves de l’enseignement libre) comme délégué général, sous l’égide de Jean Le Pichon. Il militera pour promouvoir une pédagogie centrée sur l’élève et défendra, au moment de mai 1968, la mixité dans les établissements catholiques.
1962
S’inscrit en thèse de doctorat à l’ Université de Rennes, sous la direction de Roger Mucchielli.
1965
Il crée avec le Chanoine Reynes l’Institut Supérieur de Pédagogie (I S P) de Paris et devient directeur adjoint.
1967
Il termine sa thèse de doctorat d’état : Schématisme et thématisme, le dynamisme des structures inconscientes dans la psychologie d’Albert Burloud. Il réécrit son mémoire d’études supérieures sur l’ennui pour le présenter comme thèse secondaire. Malheureusement suite au départ de Mucchielli pour Nice, il devra attendre 1969 pour soutenir sa thèse.
1969
Présente sa thèse de doctorat à l’université de Nice. Il obtient la mention très honorable. La même année, il publie La Valeur de l’ennui qui est couronné par l’Académie Française (prix Monthyon).
1970
Antoine est opéré à Paris de l’otospongiose et recouvre en partie son ouîe. Il n’utilise plus d’appareil.
1972
Il quitte les APEL et l’I S P pour fonder, à la demande du Recteur de l’enseignement catholique de Paris et de Jean le Pichon, l’IDA (Institut de l’audiovisuel). Il restera directeur de l’Institut jusqu ‘à sa retraite en 1980. Il travaille également à Nancy pour le Centre pédagogique de l’enseignement catholique, avec Dominique Milord : il met alors en place des actions pédagogiques comme « la campagne des talents » dans quatre établissements de la région de Nancy.
1974
Lecture approfondie de Heidegger et publication de Pour une pédagogie de l’entraide qui a joué un rôle non négligeable dans la naissance des nouvelles pédagogies, comme la pédagogie par objectif, ou les pédagogies du projet.
1976
Achève le manuscrit des Profils pédagogiques qui ne trouvera pas immédiatement un éditeur.
1980
Fait valoir ses droits à la retraite. Il reprend ses cours à l’ISP sur ses propres travaux, cours qu’il continue d’assurer encore en 2007. Publication des Profils pédagogiques chez Le Centurion.
1980-1986
Antoine travaille pour le Ministère de l’ éducation Nationale; il est chargé d’expérimentation pour la région parisienne, pour informer et former des enseignants sur ses travaux. Une commission rédigera un rapport qui donnera naissance à la dénomination de « Gestion Mentale ».
1982
Publication de : Pédagogie des moyens d’apprendre.
1983
Publication de : Dialogue pédagogique avec l’élève.
1984
Lecture assidue et passionnée de Husserl et de Heidegger. Est nommé directeur de recherches à l’ Université Lyon 2 et professeur à l’ Université Catholique de l’Ouest. De nombreux mémoires de recherche et de thèses de doctorat portant sur ses travaux seront soutenus.
1985
De nombreuses associations se créent, et de multiples formations se mettent en place sur ses travaux. Initiative et Formation est une association qui dès cette époque propose une formation approfondie aux profils pédagogiques pour les élèves, et contribue ainsi à la promotion de ses recherches dans le monde de l’ éducation.
1987
Publication de : Comprendre et Imaginer.
1989
Publication de : Défense et illustration de l’introspection.
1990
Publication de :Pour une pédagogie de l’ intelligence, Phénoménologie et pédagogie.Premier colloque de Gestion mentale organisée par l’ Université Catholique d’Angers qui est devenue depuis lors un centre important de recherches, d’ études et de formations en gestion mentale. Après ce premier colloque, ses travaux ont eu un retentissement déterminant à l’ étranger : au Canada, en Amérique du sud, au Liban, en Afrique, en Suisse, en Belgique et en Italie. Certains ouvrages sont traduits en espagnol, italien et portugais. Nombreux déplacements à l’ étranger.
1991
Rencontre avec Françoise Dastur, professeur de philosophie à l’Université, spécialiste de la phénoménologie allemande. Création de la Revue Gestion Mentale, revue trimestrielle qui paraîtra jusqu’en 1998.
1992
Publication de : La Motivation.
1993
Création de l’institut International de Gestion Mentale (IIGM) qui organise entre autres un congrès, tous les deux ans, regroupant chercheurs et praticiens.
1994
Antoine est fait Chevalier de la Légion d’ Honneur en hommage à ses travaux.
1995
Publication de : L’intuition.
1998
Publication de : La critique de la raison pédagogique.
1999
Publication de : Apprendre sans peur, ouvrage qui annonce de futurs questionnements théologiques (notamment le chapitre 4 : « Dieu est amour et liberté ») qui se feront par la suite à partir de l’ oeuvre de Teilhard de Chardin.
2001
Publication de : Les grands projets de nos petits.
2002
Publication de : Comprendre les chemins de la connaissance.
2004
Publication de : Plaisir de connaître Bonheur d’être.
2005
Publication de : Le sens de Dieu chez Spinoza et Teilhard.
Colloque international de Gestion mentale au mois d’octobre et conférence de Françoise Dastur
« Projet de sens, compréhension de soi et acquisition du savoir », qui propose une lecture philosophique et pédagogique de « La critique de la raison pédagogique ».
2006
Publication de : Renforcer l’ éveil au sens et de : Sens de l’ autre de Levinas à Teilhard de Chardin.
2007
Publication de : Le sens de l’ évolution chez Jaurès et Teilhard. Est promu, à titre exceptionnel, au grade de commandeur dans l’ ordre des Palmes académiques.
2010
Décès à Paris le 27 juin.
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